Écrit par JMe Décembre 2002
Après un premier album déjà sérieusement influencé par Detroit, Laurent Garnier s'y plonge encore plus avec ce deuxième (et non pas second, puisqu'un troisième devrait arriver dans les bacs ces prochains mois) maxi de son projet Alaska initié sur Fnac Music Dance Division. Ce Deuxième EP aurait pu tout aussi bien s'appeler Laurent gets a free ticket to UR tant le titre phare, The Thing, est inspiré du son de Mad Mike et de ses acolytes.
Entre les productions de Drexciya et la série Acid Rain, la basse est rough, l'ambiance très sombre. Pure dark electro qui n'a pas la volonté de faire danser, contrairement aux productions signées Aux 88 par exemple. L'atmosphère qui se dégage est radicale, principalement lorsque la ligne de TB-303 prend le commandement du morceau, et l'on perçoit une idée de revendication, exactement comme dans les productions Underground Resistance (surtout les premières).
Rainforest, en revanche, est totalement dédié au mouvement. Avec énormément de finesse toutefois, car il n'est pas du genre à vous faire hurler de plaisir la première fois que vous l'entendrez en soirée. Éventuellement, il pourra attirer votre curiosité, surtout si l'on vous offre son introduction avec sa voix enchanteresse (échantillon vocal que j'ai récemment entendu quelque part, mais je n'arrive plus à me souvenir où...), sa basse techno lancinante et son rim ravageur (j'adore ce son...). Le tour de force du morceau est notamment d'évoquer à merveille la forêt tropicale sans en utiliser les sons ; on se croirait tout simplement dans une jungle où la nature aurait doté les animaux de composants électroniques, leurs cris ayant ainsi pris une couleur synthétique. Wonderful. Par ailleurs, il m'est difficile de ne pas apprécier l'arrivée des nappes en fin de morceau, procédé souvent utilisé mais qui fonctionne toujours aussi bien sur moi.
Enfin, Butterfly est une douceur originale que l'on pourrait interpréter comme du Kenji Kawaï remixé par Laurent Garnier. Le morceau démarre dans une vapeur de nappes qui rappelle la bande originale de Ghost in the Shell puis progresse entre deux eaux : l'une évoquée par l'énorme basse et les tonalités métalliques résonne comme l'écho de Shot In The Dark, tandis que l'autre, structurée sur une variation continue de la même ligne sonore, plonge jusqu'au thème de Lost in Alaska. Assurément un titre que l'on devine dédié à la scène japonaise, comme il est fait mention dans les textes du macaron.
Que dire en conclusion si ce n'est que redécouvrir ce maxi lors de l'écriture de cette critique justifie amplement l'existence de ce site, au moins en ce qui me concerne. Cela me permet en effet de vibrer à l'écoute de perles alignées sur mes étagères, et c'est un plaisir simple que je suis heureux d'avoir régulièrement. Si en plus, ces pages servent à d'autres, je suis comblé...