Écrit par JMe Décembre 2002
Non, vous ne rêvez pas. Furioso est bien une production du même Ludovic Navarre qui évolue aujourd'hui chez Blue Note sous le nom de St Germain. Comme quoi...
En fait, D.S. n'est autre que la suite du projet Deepside initié en 1992 avec Guy Rabiller chez Fnac Music Dance Division ; la douceur de Detroit, l'énergie de la techno et quelques accents tribaux en sont les ingrédients de base. De la première vague, le public connaît sans doute le sublimissime Prelusion, d'une douceur absolue, et French, petite merveille "dessine-sourire".
Pourquoi n'a-t-il pas repris le même nom pour continuer chez F Communications ? Question de droits, très certainement, comme pour St Germain. Quoi qu'il en soit, le son est là, et Furioso qui ouvre ce maxi porte très bien son nom. Armé pour decimer un dancefloor, sa force est notamment d'être efficacement acid sans utilisation de TB-303 en temps réel. Je m'explique : habituellement, dans un morceau acid, la ligne de basse évolue au gré du filtre et des potentiomètres manipulés, ce qui lui donne ses montées en fréquence, en acidité et en attaque. Mais ici, ce sont des boucles de TB-303 qui sont utilisées, et toute la progression se fait en réalité grâce à la rythmique chargée qui les accompagnent, à la superposition des dites boucles, et surtout au break ravageur avec l'une des boucles qui s'inverse. Rrrrrraaaaaahhhhhh...
Lukuta est aussi pêchu, avec un début qui rappelle un peu Pull Over de Speedy J. Une progression simple de boucles tribales qui se superposent, mais pas d'acidité ; parfait pour faire grimper un dancefloor avec subtilité. Puis l'atmosphère se pose, devient plus calme avec les dix minutes d'Additional Elements. Plénitude légèrement teintée d'electro, dans la veine des transitions de début de set de Laurent Garnier, lorsqu'il prononce le premier beat des heures qui vont suivre...