Il ne m'aura fallu qu'une seule écoute
pour être séduit par So Far Above tant il a été
conçu pour accrocher l'oreille. N'allez pas croire pour autant
que Laurent Collat se soit fourvoyé en concessions commerciales
car son souhait avec So Far Above était de donner effectivement
naissance à un tube potentiel sans toutefois perdre la notion
d'une certaine classe dans sa réalisation ; en d'autres termes,
composer un morceau pop dans la définition première du
terme. Le résultat est sans équivoque, parfaitement réussi.
Première déclinaison avec
un Original Mix imparable où la première minute
vous cadre dans une atmosphère qui ne quittera plus le morceau
: rythmique chaloupée, ligne de basse bondissante qui s'imprime
sur vos synapses, nappes aériennes à vous envoyer en orbite
au-dessus des nuages et guitare éthérée... La voix
de Cécile, légèrement amplifiée par un écho,
vient sublimer le tout dès le premier couplet.
Depuis ses paroles jusqu'à sa
structure, So Far Above est programmé pour fonctionner
et ne pas quitter votre esprit de la semaine. Les oreilles attentives
aux références y trouveront certainement quelques touches
de Manchester ou de Chicago, et celles qui se veulent plus techniques
pourront apprécier le travail d'alchimiste effectué sur
le morceau ainsi que la richesse des effets : n'entendez-vous pas le
halo qui enveloppe les guitares vers les 2/3 du morceau ?
Pour ceux que la pop rebute et qui ne
jurent que par le dancefloor, le second mix nommé Adult Porn
Cut est là pour vous claquer le corps de spasmes sur un bon
gros sound system. Quatre premières minutes qui vous vrillent
la tête dans une spirale de bassline accompagnée
d'une voix de succube. Une très courte respiration avant que
le tourbillon ne reprenne sa rotation, désormais traversée
d'une lumière céleste née de nappes discrètes.
L'arrivée inattendue d'une guitare proche du son de Bernard Sumner
vient épicer le tout avec un plaisir qui n'est pas sans rappeler
la rupture de The Western de PFM sur Good Looking Records.
Que du bonheur pour un "carton assuré", dixit Laurent
Garnier...
Certes, la rentrée d'Elegia est
timide mais elle n'en est pas moins excellente ; attendons la suite
avec impatience.
J-Me
/ Octobre 03