Brève parenthèse historique
: au commencement était Sancho
does Asia, un site dédié au cinéma asiatique,
qui s'est rapidement scindé en plusieurs sections géographiques
car la richesse de ce cinéma implique que l'on ne peut mélanger
impunément les films HK, japonais ou coréens... Puis se
sont greffés à cet embryon Sancho
loves AsianPop et quelques mini-sites comme Sancho
does Takashi Miike ou Sancho
does Gamera, jusqu'à ce qu'une réelle "extension"
voit le jour : Sancho
goes Mondo, consacré au cinéma mondial, parce
qu'il serait trop con de se restreindre au continent asiatique quand
les autres peuvent également nous offrir des films qui méritent
que l'on en parle.
Un peu plus tard, la naissance du littéraire
Sancho
Reads a Lot n'a fait qu'annoncer celle de la Sancho
Galaxy, portail nécessaire à la fédération
de tout ce petit monde. Enfin, le dernier hiver aura accouché
d'une association loi 1901 et de deux nouveaux sites : Sancho does
F Communications et Hors
Sujet, dernier né dans lequel nous pouvons désormais
nous exprimer sur tout ce qui n'entre pas dans les autres cases (concerts,
jeux vidéo, expositions, ballets...) et plus exactement sur
tout ce qui nous a procuré des émotions.
Les deux paragraphes précédents
me servent donc à vous démontrer une chose : tôt ou tard,
les différentes sections éditoriales de la Sancho
Galaxy ont été rattrapées par nos passions,
notre envie de les partager avec vous et de vous informer sur les perles
émotionnelles qui en sont les sources, un peu comme des relais
d'informations précieuses dans une société trop
souvent saturée par des oeuvres destinées à un
profit immédiat. Et Sancho does F Communications n'y fait
pas exception : après un peu moins de quatre mois d'existence,
la chronologie du catalogue a fini par se briser car il fallait absolument
que je vous parle du nouveau maxi d'Elegia, I'm not worried anymore
...a deal with god.
Trois ans de silence pour Elegia après
l'échec commercial relatif de son album Sounds Within
(parfois, je ne comprends vraiment pas le public...), trois ans
pour laisser oeuvrer le temps...
Non loin d'abandonner, Laurent Collat
s'est finalement accroché et nous offre en ouverture de sa renaissance
un titre magnifique, comme peu d'artistes savent encore en composer.
Tout démarre sobrement dans un minimalisme de sons qui installe
une rythmique dépouillée sur une énorme ligne de
basse. Quelques paroles éthérées. Un habillage
délicat de nappes amples et claires dont il a le secret, avant
un léger break et une première explosion de bonheur (à
laquelle vous pouvez d'ailleurs goûter dans le premier extrait
sonore disponible sur cette page).
Les sensations que vous pourrez éprouver
sur un dancefloor à la diffusion de ce titre sont connues : replacez-vous
en 1990, quand vous onduliez vos corps au son des productions Chicago
house de l'époque, et vous aurez une idée de l'effet produit
par I'm not worried anymore ...a deal with god. Une ivresse heureuse
qui s'empare de vous, fait abstraction de votre raison et s'adresse
directement à votre âme pour vous mettre en mouvement.
Un second break (n'allez pas croire
que la vitesse de votre platine déraille, c'est fait exprès...)
pour assurer une suspension des sens, un motif de basse toujours présent
et qui ne nous lâche pas, puis la reprise qui coupe définitivement
tout ce qui pouvait nous retenir au sol. Une somptueuse nappe se marie
au piano et donne une légère connotation mélancolique
au groove électronique. En quelques mots, une élégance
dans l'énergie et le métissage des sons qui n'est pas
sans rappeler celle des productions de Frankie Knuckles. De même,
je ne sais pourquoi, mais ce morceau me fait penser au Don't You
Want It? de Davina sur Soul City, produit par Mad Mike.
La force de I'm not worried anymore
...a deal with god, c'est qu'il nous rappelle pourquoi et comment
nous sommes tombés amoureux de cette musique : la découverte
de cette connection directe entre le son et nos émotions, suivi
d'une dévotion entière et aveugle à la musique.
Ne plus rien contrôler et la laisser entrer en possession de nos
sensations : magnifique drogue sans substances illicites. L'essence
même de la house...
Si votre jeune âge fait que vous
n'avez pas connu ces années sauvages, si pour vous les pères
de cette musique sont Daft Punk, Bob Sinclar et Antoine Clamaran, je
ne ferai pas comme tous les vieux puristes qui vous étaleront
leur savoir avec dédain. En revanche, je vous inciterai à
prêter occasionnellement une oreille à des productions
comme celles-ci, en espèrant sincèrement qu'elles vous
toucheront un jour autant qu'elles me touchent, car ce sont des cristaux
de bonheur pur.
J-Me
/ Avril 03