The Hoe reste encore aujourd'hui un titre mystérieux mais non moins évident dans la discographie de Laurent Garnier. Deuxième extrait de l'album 30 après Crispy Bacon, il ne suit pas les traces de son prédécesseur et opte pour une utilisation discrète des effets au profit des outils essentiels que sont les éléments rythmiques et la ligne de basse. Ronde, généreuse, minimale, elle est le corps du morceau. Silhouette sensuelle agitée d'ondulations au centre du dancefloor, de multiples sons courts papillonnent autour d'elle tandis que trois notes résonnent, illustrant l'intensité qui s'échappent des enceintes.
The Hoe nous évoque une image : celle de cette femme, éprise du son, qui se laisse envoûter par son énergie. De l'extérieur, les yeux ne savent pas lire la sexualité qui se dégage de ses gestes et l'interprètent comme un appel alors qu'il ne s'agit que de l'expression des sensations provoquées par la musique. Á travers sa chair, les ondes sonores prennent corps tout en lui délivrant une dose massive de plaisir. Laurent Garnier connaît bien ce tableau pour l'avoir probablement vu des milliers de fois et rares sont ceux qui pouvaient le peindre aussi bien que lui à l'aide d'outils aussi rudimentaires.
La réinterprétation de DJ Hell, disponible uniquement sur ce pressage, s'avère plus énergique et sans doute plus obscure. Certes, la silhouette féminine nous apparaît ici plus proche, les traits sont plus nets mais les ombres sont bien plus prononcées. L'image se transforme pour atteindre le rendu des oeuvres de Frank Miller et confirmer l'intérêt photographique du maxi.
Rareté et qualité sont donc les deux motifs évidents pour vous procurer ce disque sans hésitation s'il vous apparaît au détour d'une visite dans une boutique spécialisée, qu'elle soit virtuelle ou réelle. Pour donner une touche de musée à votre collection...
J-Me
/ Janvier 05