Tiré de l'album Chroma,
Wasteland a bénéficié d'une tardive sortie
en solo, accompagnée de trois remixes. Certes, l'énergie
apocalyptique de l'original n'est pas égalée par les nouvelles
versions, mais celles-ci ne manquent pas d'intérêt pour
autant. Explication.
Selon les propos de Stéphane
Dri aka Scan X, Wasteland serait une immense boucle sur
laquelle coexisteraient deux extrêmes : une fureur électronique,
progressivement encadrée d'une introduction et d'une conclusion
particulièrement calmes, comme pour illustrer les liens implicites
entre processus de création et destruction. Exception musicale
qui ne peut s'intégrer pleinement dans un set.
Selon moi, Wasteland est une
évocation sombre. Celle du dernier instant d'humanité.
À l'image d'une onde de destruction qui se propage sur la surface
de la planète. Peut-être est-ce la raison pour laquelle
j'ai toujours trouvé mes dernières forces lorsque Laurent
Garnier le jouait en clôture de ses nuits...
Hors du cercle fermé des morceaux
de l'apocalypse, le Xdb Mix est une relecture drum'n bass
de Wasteland par Scan X himself. Très aérienne,
tout en composant avec une basse sinueuse et quelques échos du
phénomène de destruction. Un peu comme si d'autres races
découvrait les traces de notre civilisation décimée.
Le ton des remixes réalisés
par Dopplereffekt n'est pas plus chaleureux. Parfaitement accordés
à la réputation clinique du duo de Detroit, ceux-ci sont
ciselés avec une précision chirurgicale dans une electro
minimale où les moindres nuances et variations importent. Neurasthéniques
à souhait, ces deux versions devraient séduire les inconditionnels
de Dopplereffekt mais rebuter les autres par sa sobriété
et son pessimisme affirmé.
Éminemment pointu, ce maxi est
une perle sombre du label. À ne pas manquer.
J-Me
/ Novembre 04