Le point commun entre les différents
disciples/suiveurs de Garnier se situerait-il dans la dernière
syllabe de leurs noms ? Tonio, Maldo, Sancho... Nombre de sonorités
ibériques dans le sillage de Pedro... Mais revenons-en à
ce qui nous intéresse ici, à savoir ce Monitor Fucker
EP. Mesestimé, ce maxi renferme pourtant trois hommages réussis
à des maîtres de la scène électronique.
À tout seigneur, tout honneur,
c'est le son de Laurent Garnier qui ruisselle des enceintes au passage
de Latex Monitor. L'influence est très nette mais ne s'arrête
pas pour autant au simple hommage ; elle fonctionne. Ascension lente
et progressive menée par une proche cousine des rugissements
d'Astral Dreams et de Crispy Bacon, brisée lors
de suspensions élégantes, entourée d'éléments
rythmiques simples et épurés qui mettent en valeur ses
variations... Certes, on n'y retrouve pas toute la sensualité
Q du maître, mais l'exercice est plutôt réussi.
Le ton se durcit avec Fucker Tweeter
qui lorgne du côté de Planetary Assault Systems aka
Luke Slater : sur un train rythmique à forte vélocité,
une vrille tourne et se retourne alors qu'une sirène portée
sur les hautes fréquences vous barre le crâne, façon
Neil Landstrumm. Hard techno on its way. Heureusement, une douceur
électronique pointe à l'horizon...
Splendide hommage aux seigneurs de Detroit
que sont Mad Mike ou The Martian, Cool Monitor conserve la simplicité
originelle pour nous émouvoir à l'aide de quelques outils
: ruptures légères, percussions, nappes à large
spectre... Chaque changement dans le morceau, aussi subtil soit-il,
se ressent avec une intensité amplifiée. Une réelle
perle du label, évoquant le calme religieux d'un siècle
qui n'est pas encore né.
Quand je vous répète que
F Communications continue d'écrire l'un des évangiles
de la musique électronique, il serait dommage d'en rater un paragraphe.
J-Me
/ Octobre 04