Second segment du retour en Alabama.
Wax Doctor décline donc Alabama Blues en drum'n bass
atmosphérique, non loin du son des productions de Good Looking
Records dont il n'a pourtant jamais fait partie. Une entrée
en matière dans un calme mêlant l'air et l'eau. Une rythmique
drum'n bass des plus classiques, accompagnée d'une ligne
de basse parfaitement ronde qui l'est tout autant. Quelques notes de
piano qui se déposent sur ce climat positif avant qu'un court
break n'en change la tonalité... Le tout étant souligné
d'un miaulement digital qui ne quitte jamais le morceau et assure sa
part d'hypnose... Certes, le son si caractéristique de l'explosion
du drum'n bass a peut-être vieilli, mais la vibe
reste indéniablement présente.
Dans une veine toujours destinée
en priorité au marché anglais, Only Child collabore avec
le duo Rae&Christian pour nous délivrer un somptueux remix
où l'essentiel réside dans le travail rythmique effectué
sur l'ensemble des éléments qui composent le morceau ;
en effet, chaque son semble contribuer à la chaleur qui s'échappe
des enceintes, à l'envie d'onduler lentement pour suivre une
rythmique qui n'est pourtant pas si prononcée. D'ailleurs, ce
sont davantage les ruptures et les rappels que l'on suit du corps. Sur
le mouvement constant de ces fondations perlent quelques gouttes cristallines
qui lui donnent vie. Loin d'être le plus évident de tous
ces remixes, celui-ci est peut-être le plus intéressant.
Enfin, Ludovic Navarre se permet d'inviter
quelques musiciens pour une reprise du Soul Salsa Soul qui accompagnait
initialement Alabama Blues lors de sa première sortie
sur le Motherland EP en 1993. Si la version originale tentait
un compromis entre house et salsa, celle-ci met beaucoup plus l'accent
sur sa composante latine ; le résultat est fabuleux : dix minutes
pendant lesquelles le corps répond à chacune des interventions
musicales, qu'elle provienne des percussions, de la trompette, du saxophone,
du trombone, du piano... Une véritable tuerie qui s'applique
même sur les plus allergiques à la musique électronique.
Cette seconde moitié gagne donc
ma préférence, même si elle marque la fin d'une
époque puisqu'il s'agit en effet de la dernière sortie
de Ludovic Navarre sur F Communications. Une compilation verra
le jour quelques années plus tard, renfermant plusieurs perles,
mais la coupe est effectuée. Le son de Deepside n'est plus, mais
celui d'Elegia arrive...
J-Me
/ Février 04