Ce First EP fait malheureusement
partie des maxis du label sur lesquels le poids des années se
fait ressentir et si la structure légèrement atypique
de The Next n'a jamais destiné ce morceau à figurer
dans les annales, il faut bien avouer qu'aujourd'hui, certaines maladresses
se révèlent davantage et ternissent son écoute
; célébration acide en lente progression, The Next
tourne finalement en rond sur des variations qui s'avèrent assez
pauvres.
No Way Out subit le même
sort et se marque de quelques rides : parfaitement intégré
à la vague trip-hop qui sévissait à l'époque
de sa sortie, son pessimisme trop prononcé sonne faux aujourd'hui.
Par ailleurs, les pleurs de guitare électrique posés sur
une boucle empruntée au Revenge Of The Number de Portishead
composent un schéma dépassé ; l'atmosphère
du morceau demeure toujours aussi dépressive, mais le trait semble
forcer l'émotion...
C'est finalement Crying 202 qui
s'en sort le mieux ; tout comme On the way to Paris sur la compilation
Musiques pour les plantes vertes, le morceau reprend les nappes
brillantes des vieux synthétiseurs pour en distiller une atmosphère
numérique particulièrement froide. L'usage du Pitch
Bend nous donne l'impression d'entendre les sanglots d'une machine
dépassée, nostalgique d'une autre époque, un sentiment
de solitude nous embrasse... Qui oserait encore dire que les machines
sont dénuées d'émotions ?
J-Me
/ Décembre 03