Pièce rare tirée à
mille exemplaires dont la plupart ont probablement atterri dans de chanceux
flight cases sans passer par les bacs des disquaires, ce maxi
avait fait sensation lors de la Winter Music Conference de Miami
en 1996 alors que le son de Motorbass résonnait au coeur de la
vague french touch.
Il faut bien avouer que leur interminable
remix appellait au déhanchement frénétique : collage
sonore, assemblage de petits riens, le résultat respirait alors
la fraîcheur. Et si ce n'est plus le cas, il a conservé
une superbe attaque, idéale pour démarrer une piste et
passer d'une rythmique lente à un 4:4 plus carré.
Mais le véritable intérêt
de ce maxi réside bien évidemment dans le remix de Lady
B puisque que celui-ci n'existe sur aucun autre pressage. L'image qui
me vient à l'esprit à son sujet est celle d'un remix cylindrique.
Après une introduction sèche au saxophone, les interventions
vocales de Norma Jean Bell se construisent in a bitch touch tandis
qu'un son métallique assourdi dessine le ressort qui nous entoure.
Terriblement américain. Puis, sur une basse qui sonne légèrement
travaillée au phaser, le morceau prend son envol en même
temps que la voix démarre son pamphlet. Avec beaucoup de subtilité,
la vibe s'opère en sensualité dissimulée.
À savourer comme un baiser.
Elle ne cesse de le répéter
mais elle a bien raison : it's a bitch move.
J-Me
/ Juillet 04