Sancho does F Communications
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Foot Prints
Leg Show
Daydream Corridor
Sky
Warehouse
Relief

Extraits F Communications

F043

 

A Reminiscent Drive
Flame one EP

F043
released in May 1996
12''/CDM

 

Voici un extrait du livret de la compilation Live and Rare, rédigé par Eric Morand et concernant l'année 1995 : "En Novembre, une cassette arrive au bureau. Surprise, signée Jay Alanski. D'abord la stupeur. Puis le choc. A Reminiscent Drive vient de rejoindre F Comm."

Les mots peuvent sembler forts mais ils ne sont que l'exact reflet du traumatisme provoqué par l'écoute de ces premiers titres électroniques de Jay Alanski, vétéran ombragé de la pop française. En pleine explosion du trip-hop, il a choisi de ne pas suivre les schémas majeurs établis par les trois rois mages du courant, à savoir Portishead, Massive Attack et Tricky, s'aventurant ainsi dans un univers downtempo très personnel. D'autres avant lui ont effectué cette démarche mais il y a fort à parier que l'expérience de Jay Alanski a fait toute la différence car l'excellent résultat est singulier : à travers des morceaux courts et vaporeux, enrobés dans un coton de basses fréquences, il nous entraîne dans un monde électronique à part qui devrait perdurer.

Il suffit d'écouter Foot Prints, ballade nocturne au piano sur une brume de nappes clouées au sol, pour deviner l'ampleur de la claque qui nous attend. Dans une veine bien différente de celle des productions de Nova Nova, Foot Prints plonge l'auditeur dans un état presque second où ses émotions sont directement liées aux notes du piano ; l'abandon aux sens est de rigueur, comme pour un film de David Lynch. Essayez et vous devriez très facilement percevoir des images mentales dessinées par la musique...

Leg Show poursuit cette exposition de tableaux sonores avec un duo lent guitare/basse qui vous fera grimacer de bonheur. La guitare préalablement passée dans une légère distorsion et un Lo-Fi vous accroche l'oreille comme un solo de jazz jusqu'à ce que la basse vienne apporter un peu de chaleur et vous vous suprendrez certainement à mimer le bassiste.

Sourire garanti avec Daydream Corridor, construit comme une lente montée orchestrale vers l'unisson : utilisation en boucle de l'ensemble des percussions d'un orchestre (xylophone, triangle, cloches tubulaires...), petites incursions de flûte et montée en puissance des cordes, sans toutefois s'éterniser trop longtemps lorsque tous les éléments sont présents. D'ailleurs, c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles les morceaux de Jay Alanski sont aussi souvent des pièces courtes ; inutile d'en rajouter lorsque tout est dit.

Sky, déjà présent sur Musiques pour les plantes vertes, pourrait être ce son que l'on aimerait entendre dans les aéroports et autres lieux publics internationaux. Très doux à l'oreille, apaisant pour les nerfs avec un soupçon de nonchalance, son écoute semble étirer le temps, stopper l'instant ; une excellente médication pour diminuer le stress et enfin arrêter de courir.

Dans la même veine internationale mais avec beaucoup plus de mystère, Warehouse évoque le silence d'un lieu sacré qui aurait été abandonné puis intégré à son environnement ; non loin des temples d'Angkor, les sifflements et les cuivres lointains, les chants orientaux et la voix féminine éthérée, le bercement d'une basse en suspension... A Reminiscent Drive cherchait-il à insuffler cette dimension spirituelle aux hangars désaffectés qui servaient les nuits des premières fêtes ?

Puis vient Relief, extension de Warehouse, d'une tristesse éprouvante : la guitare pleure, le clavier se recueille, le métronome résonne comme un goutte-à-goutte tandis que les nappes se fondent en larmes. Tout simplement magnifique.

Pour les techniciens, sachez que ce maxi (et ceux du même auteur qui suivront) a été enregistré sans séquenceur, c'est-à-dire que chaque piste a été enregistrée individuellement avant d'être mixée aux autres. La singularité du résultat est une conséquence évidente de ce mode de composition en provenance directe de l'expérience pop de Jay Alanski. Pour les autres, vous aurez compris que ce Flame one EP est une tuerie qui vous ouvre trois options : 1. Vous le procurer rapidement si ce n'est déjà fait - 2. Vous procurer l'album Mercy Street qui reprend certains morceaux du maxi - 3. Faire l'autruche et attendre de vous prendre la claque dans une dizaine d'années, quand Mercy Street s'ouvrira rétrospectivement à un public plus large. La balle est désormais dans votre camp.

J-Me / Juillet 03