Nul doute que ce maxi figure (à
mon sens) parmi les plus beaux du catalogue F Communications
: totalement empreint des sonorités qui caractérisent
les productions de Nova Nova (avalanche de nappes, syncopes de celles-ci,
sinusoïdes sonores et autres retentissements de bleeps...),
il bénéficie de l'arrivée du piano qui sublime
l'alchimie électronique, comme dans See où les
doigts de Marc Durif s'expriment très lentement sur le clavier,
non loin des productions calmes de Tori Amos.
Tout commence pourtant avec un pied
noyé dans des infra-basses ; U nous entraîne dans
la ronde tourbillonnante d'une ligne de basse autour de laquelle viennent
danser multitude de sons sans jamais se chevaucher, preuve d'un mixage
réussi. L'ascension de l'auditeur s'accompagne de nappes qui
se perdent en cascades de résonances et semblent dresser les
rideaux impalpables d'une aurore boréale. La suspension sert
à la transition entre U et Tones (ibid), l'agitation
laissant place aux variations d'un piano portées par quelques
syncopes ; l'intégralité compose une longue plage magnifique
à ne surtout pas manquer.
Ex-El-Echo contient des accents
de deepness from Detroit qui n'ont pas à rougir devant
les productions de Kenny Larkin, Stacey Pullen ou Sterac. Profitez de
la courte rupture au piano, hommage aux vieilles boucles anglaises,
qui dynamite une piste.
Quant à See, il n'existe
pas de transcription plus juste que celle rédigée par
Akatomy dans le cadre du projet F
Communications Stories que nous avions initié. Ne perdez
donc pas votre temps à lire les superlatifs que je pourrais multiplier
en essayant de décrire la beauté de See et lisez
plutôt ses lignes ; vous comprendrez peut-être ce que l'on
peut ressentir à l'écoute d'une telle beauté.
Comment qualifier ce Ex-EP ?
A masterpiece, tout simplement.
J-Me
/ Mai 03