C'est pas bien compliqué : le
Club Traxx EP fait partie des classiques du label, ne serait-ce
que pour Dance 2 The Music qui est probablement l'un des morceaux
de Laurent Garnier les plus appréciés du public. Il serait
pourtant bien dommage de le réduire à ce seul titre tant
les autres sont tout aussi excellents et principalement dédiés
à retourner un dancefloor. La cerise sur le gâteau ? Ils
y arrivent.
En composant Side Effects, Laurent
avait en partie pour objectif de rendre hommage au mythique Altered
States de Ron Trent. Il suffit de le savoir pour relever les similitudes
: un motif de basse simple et présent qui se répète
pendant les huit minutes du morceau, une boucle de nappes qui apporte
un peu d'éclat sonore et un jeu des rythmiques qui s'orchestre
autour... Certes, le résultat n'arrive pas à la cheville
de l'original mais il n'en est pas désagréable pour autant.
Rachando O Bico (qui signifie
"mort de rire" en brésilien) passe la vitesse supérieure
avec son lead hypnotique et ravageur qui garantit la montée.
Une stucture toute simple, des sons qui le sont tout autant, mais une
belle efficacité et un pur plaisir à le placer dans un
set. Comme quoi, il n'y a pas besoin d'en faire des tonnes pour nous
satisfaire.
Puis l'on part faire un tour du côté
de Pigalle pour une tuerie minimale où les effets sur
la ligne de basse assurent l'évolution du morceau, appuyés
par un Jack de Marseille en pleine jouissance et une ritournelle de
cinq notes qui s'accroche à vos oreilles. Je veux bien admettre
que ce titre a un peu vieilli et qu'il risque éventuellement
de tomber à plat s'il est joué aujourd'hui, mais ça
reste pour moi un excellent souvenir de club. Par ailleurs, il marque
chez Laurent Garnier le début d'une période orientée
sex lyrics et montée basée sur un unique son que
l'on triture ; vous avez compris, Crispy Bacon n'est pas loin.
Pour Aquarius, suivez mon conseil
et écoutez-le en 33RPM accéléré (+7 environ)
au lieu du 45RPM prévu initialement. Passées les premières
écoutes qui risquent de vous choquer si vous êtes habitués
à la vitesse originale, vous découvrirez alors une plage
atmosphérique froide et robotique, péniblement réchauffée
par quelques nappes parfumées aux industries désaffectées
de Detroit. Pur bonheur auditif très bien caché. Certains
pourraient d'ailleurs me reprocher de ne pas respecter la volonté
de l'artiste en jouant son oeuvre à une vitesse différente
de celle prévue initialement, mais Laurent fait de même
avec certains disques, alors...
Dance 2 The Music est probablement
le reflet des émotions procurées en fin de soirée
à l'écoute de monuments comme Amazon de World 2
World ou Journey to the Martian Polar Cap sur le Red Planet
4. On y retrouve la même impression de fin du monde, cette saveur
unique du dernier morceau qui s'adresse à nos instincts primaires
et trouve en nous suffisamment d'énergie pour nous agiter alors
que l'on a déjà toute une nuit dans les jambes ; je ne
vais pas paraphraser car je sais que vous connaissez cette sensation
aussi bien que moi. Pour les autres, sachez que le morceau se rapproche
pas mal du Shapes Under Water de l'album Shot In The Dark
mais qu'il est plus sombre, plus dur, peut-être plus intense.
De toute façon, le mieux reste de le tester sur une piste.
Quant à Pervert, disponible
uniquement sur le CD, il s'agit d'une extension de Pigalle :
plus minimal, tout en nuances, c'est un véritable bijou de montée
subtile que je préfère personnellement à Pigalle
et que j'aurais aimé voir un jour en vinyle mais le label en
a décidé autrement. Il ne tient qu'à vous de les
inciter à le sortir sur ce support dans le cadre d'une compilation.
Que rajouter, si ce n'est qu'il faut
avoir le Club Traxx EP. Et n'hésitez pas à gonfler
un DJ en amenant votre exemplaire pour qu'il en joue un morceau, car
rien ne remplacera l'écoute de Dance 2 The Music on
a system like the one in the Rex Club.
J-Me
/ Avril 03