Après avoir arpenté son
Boulevard pendant de longs mois, St Germain prend des vacances
et retourne en Alabama, accompagné du new-yorkais Todd Edwards.
De leur rencontre sont nées deux relectures du fameux Alabama
Blues de St Germain, pièce maîtresse du Motherland
EP sorti en 1993 sur Fnac Music Dance Division.
Comment trouver les mots justes pour
traduire l'effet du Todd Edwards Vocal Mix, si ce n'est dire
qu'il s'agit d'un magistral coup de pied au cul, le genre de bottage
de fesses qui vous décroche du mur pour vous agripper à
la piste, qu'elle soit pleine ou vide. Irrésistiblissime. Et
pourtant, la recette de cette bombe absolue est bien simple : une structure
étirée du format radio (un peu plus de cinq minutes,
refrain-couplet-refrain-couplet-refrain-pont-couplet-refrain...),
une ligne de basse en fond légèrement chaloupée,
une rythmique de métronome, le tout agrémentée
d'une multitude d'échantillons, très courts, utilisés
comme autant d'éléments rythmiques supplémentaires
et qui donnent toute sa force au morceau, car c'est bien du choix et
du placement de ces échantillons que dépend ce groove
terriblement accrocheur. Heureusement, Todd Edwards excelle dans cet
art du dosage subtil des sons, à croire qu'il a écouté
en boucle Cream de Prince & The New Power Generation, parfaite
illustration de cette formule musicale.
Le Todd Edwards Dub Mix suit
exactement le même principe, avec des sons différents et
sans l'utilisation du phrasé noir américain. Le résultat
est donc plus éloigné du morceau original mais n'en est
pas moins excellent : seconde tuerie signée Todd Edwards.
Et pour compléter idéalement
ces deux remixes, the F Communications people ont eu la très
bonne idée de represser les deux mixes originaux sur l'autre
face, histoire de ne pas avoir à enregistrer les nombreuses plaintes
de tous ceux qui partiraient à la recherche du Motherland
EP sans succès.
Une fois encore, comment décrire
ces deux magnifiques versions d'Alabama Blues sans les déprécier
par des inexactitudes subjectives de vocabulaire ? Disons simplement
qu'elles illustrent parfaitement le son des productions deep house de
Ludovic Navarre sur Fnac Music Dance Division. Une véritable
signature qui me touche toujours autant et que personne n'a pu encore
reproduire, même si certaines productions de Sterac sur 100%Pure
s'en approchent. Comme une définition de la deepness à
ne plus discuter. Disons simplement que le 1965 Mix, moins connu
que l'original, est un peu plus pêchu et devrait s'avérer
plus efficace dans un set.
Je ne vais pas conclure en vous conseillant
inutilement l'achat immédiat de ce maxi car vous l'avez probablement
déjà, mais j'inciterai plutôt les collectionneurs
invétérés à en rechercher l'édition
limitée 7'' (référence F030S) qui renferme
deux versions radio edit, ainsi que la promo copy (référence
FC010), gravée sur une seule face et qui porte la mention
Face disponible chez tous les bons disquaires. sur le macaron
de la seconde face où devraient figurer les deux mixes originaux.
Bon courage...
J-Me
/ Avril 03