Après un premier album déjà
sérieusement influencé par Detroit, Laurent Garnier s'y
plonge encore plus avec ce deuxième (et non pas second, puisqu'un
troisième devrait arriver dans les bacs ces prochains mois)
maxi de son projet Alaska initié sur Fnac Music Dance Division.
Ce Deuxième EP aurait pu tout aussi bien s'appeler Laurent
gets a free ticket to UR tant le titre phare, The Thing,
est inspiré du son de Mad Mike et de ses acolytes.
Entre les productions de Drexciya et
la série Acid Rain, la basse est rough, l'ambiance
très sombre. Pure dark electro qui n'a pas la volonté
de faire danser, contrairement aux productions signées Aux 88
par exemple. L'atmosphère qui se dégage est radicale,
principalement lorsque la ligne de TB-303 prend le commandement
du morceau, et l'on perçoit une idée de revendication,
exactement comme dans les productions Underground Resistance
(surtout les premières).
Rainforest, en revanche, est
totalement dédié au mouvement. Avec énormément
de finesse toutefois, car il n'est pas du genre à vous faire
hurler de plaisir la première fois que vous l'entendrez en soirée.
Éventuellement, il pourra attirer votre curiosité, surtout
si l'on vous offre son introduction avec sa voix enchanteresse (échantillon
vocal que j'ai récemment entendu quelque part, mais je n'arrive
plus à me souvenir où...), sa basse techno lancinante
et son rim ravageur (j'adore ce son...). Le tour de force
du morceau est notamment d'évoquer à merveille la forêt
tropicale sans en utiliser les sons ; on se croirait tout simplement
dans une jungle où la nature aurait doté les animaux de
composants électroniques, leurs cris ayant ainsi pris une couleur
synthétique. Wonderful. Par ailleurs, il m'est difficile
de ne pas apprécier l'arrivée des nappes en fin de morceau,
procédé souvent utilisé mais qui fonctionne toujours
aussi bien sur moi.
Enfin, Butterfly est une douceur
originale que l'on pourrait interpréter comme du Kenji Kawaï
remixé par Laurent Garnier. Le morceau démarre dans une
vapeur de nappes qui rappelle la bande originale de Ghost in the
Shell puis progresse entre deux eaux : l'une évoquée
par l'énorme basse et les tonalités métalliques
résonne comme l'écho de Shot In The Dark, tandis
que l'autre, structurée sur une variation continue de la même
ligne sonore, plonge jusqu'au thème de Lost in Alaska.
Assurément un titre que l'on devine dédié à
la scène japonaise, comme il est fait mention dans les textes
du macaron.
Que dire en conclusion si ce n'est que
redécouvrir ce maxi lors de l'écriture de cette critique
justifie amplement l'existence de ce site, au moins en ce qui me concerne.
Cela me permet en effet de vibrer à l'écoute de perles
alignées sur mes étagères, et c'est un plaisir
simple que je suis heureux d'avoir régulièrement. Si en
plus, ces pages servent à d'autres, je suis comblé...
J-Me
/ Mars 03