Sancho does F Communications
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-8
X-Static
Christabel
D.J.G.G
Azoth
Nova cantica
Kubla Khan
D.J.G.G Orange remix
+8

Extraits F Communications

F025

 

Nova Nova featuring Zarathoustra
EP

F025
released in May 1995
12''/CDM

 

Un an après le Metaphysic ? EP qui m'avait noyé de bonheur, c'est avec un plaisir non dissimulé que je me précipitais sur le nouvel opus de Nova Nova, préférant dans un premier temps son format 12'' au tracklisting réduit. Arrivé chez moi, impatient, je posais la tête de lecture sur le sillon. Et malheureusement, c'est une légère déception qui m'a envahi tout au long de cette première écoute. Pourquoi ? Sans doute parce que je m'attendais aux mêmes envolées romantiques que Zephyrel I ou Falicpa, or D.J.G.G respire un doux mélange de joie et de mélancolie tandis que X-Static s'éloigne des sentiers tracés par la trance.

Il m'aura donc fallu quelques mois pour mettre de côté mes attentes et revenir avec une oreille neuve sur ce maxi ; démarche que je ne regrette pas, loin de là, puisqu'elle a même entraîné l'achat du CD qui contient six titres supplémentaires dont quelques perles.

Voici donc le récit d'une jolie boucle auditive...

-8, courte plage atmosphérique, donne le ton dans sa réverbération : vous partez pour un voyage à l'horizontale d'une durée approchant l'heure, alors autant bien vous installer pour en profiter pleinement. Une fois passé ce sas des sens, les premières larmes réminiscentes de Zephyrel I résonnent dans l'introduction de X-Static, toujours aussi syncopées, toujours aussi belles, portées par quelques échos féminins. Toutefois, point d'ascension romantique. C'est une danse de salon moderne qui s'instaure entre une ligne de basse très sobre et un lead sorti de Detroit. Agréable, presque heureuse, jusqu'au retour des larmes de Zephyrel I et au passage en tonalité mineure. On y ressent comme un sentiment de solitude stellaire qui n'est pas sans rappeler l'épave de Magnetic Rose, première partie du film Memories supervisé par Otomo. Les connaisseurs apprécieront.

Christabel, première contribution de Zarathoustra sur la version CD, offre une transition éclairée de nombreux cycles sonores qui apparaissent comme des vapeurs multicolores sur le brouillard d'une basse fréquence, large et somptueuse.

Les fumées colorées se dissipent, le spectre sonore se vide, quelques bleeps résonnent depuis la pellicule d'un film de SF des années 70. Et une note synthétique s'immisce. Une simple note. Sur cette note, la voix d'une cantatrice se détache d'un accompagnement orchestral lointain, comme une bande magnétique perdue dans l'épave baroque de Magnetic Rose (on y revient). Magnifique minute de silence que l'on respecte. Puis le morceau s'étoffe, saisi d'un groove discret mais d'une classe rare. Toute la force de D.J.G.G réside d'ailleurs dans cette beauté minimale, où le moindre son, la moindre fréquence prend de l'importance. Et une fois que l'on a compris le truc, le break s'avère ravageur dans sa subtilité et l'on aimerait que les douze minutes du morceau s'éternisent.

Ce serait manquer les cinq minutes d'Azoth, nouvelle perle au calme noire composée par Zarathoustra. Une nappe semble y pleurer, comme hypnotisée par une spirale de patterns sonores. Droite ligne vers le coeur de l'oeuvre ou celui du vaisseau fantôme, selon...

Tout s'interrompt à l'entrée dans la pièce Nova cantica. Les couleurs sont grises, pâles. L'intérieur d'un temple. Une église peut-être, inspirée par les choeurs. Un tombeau de roi. Quatre éléments sonores : des bleeps, des choeurs, des nappes et une basse qui rythme le coeur. Parfait.

La lumière revient, transportée par Kubla Khan. Lumineux, certes, mais un peu fade après l'intensité de Nova cantica, il faut bien l'avouer. Toutefois, il sert bien son rôle d'intervalle puisqu'il permet d'arriver frais sur le remix de D.J.G.G par Orange aka Shazz. Basse ronde, chaloupée, nappe que l'on croirait sortie de Lost Illusions et petites insertions de piano. La patte de Shazz se reconnaît immédiatement et l'on adore, évidemment.

Malheureusement, la chute n'en est que plus rude lorsqu'on arrive sur +8, dernière plage du CD. Même si l'on est pas loin du son respectueux de 808 State, +8 ressemble davantage à une accumulation de bleeps sans queue ni tête, et c'est bien dommage de terminer le voyage musical sur une note négative, même si celle-ci s'atténue dans le calme atmosphérique qui renvoie l'auditeur sur -8. La clé est peut-être là : nous donner l'envie de débuter un nouveau cycle pour oublier la fin du précédent. Ainsi parlait Zarathoustra...

J-Me / Mars 03