Avis aux adorateurs du son de Detroit et plus particulièrement
aux admirateurs aveugles de Mad Mike, ce Vertige EP est fait
pour vous : imaginez tout simplement qu'un des artistes des labels Red
Planet ou UR sorte un maxi sur F Communications et
vous aurez compris de quoi il en retourne. Toutefois, n'allez pas comprendre
ce que je n'ai pas écrit : Taho n'est pas originaire de Detroit.
Il s'agit tout simplement d'un petit français, alors âgé
de dix-neuf ans, tombé amoureux de la techno nord-américaine
et qui s'est décidé à produire lui-même la
musique qu'il aime. Schéma assez classique mais qui se marie
ici à une dose de talent.
Il suffit de quelques secondes pour
associer l'ampleur exagérée du son d'Amazing World
aux furieuses nappes d'Amazon par World 2 World ; peut-être
faut-il y voir une référence dans le nom... Quoi qu'il
en soit, Amazon World transporte, illumine, irradie de ses nappes
gavées au phaser tandis qu'une ligne synthétique et quelques
arrêts assurent la montée en vrille. Redoutable. Olympus
Mons par contre s'inscrit davantage dans une tradition purement
UR qui ne ravira que les amateurs : on croirait entendre un morceau
d'Acid Rain qui aurait perdu sa TB-303.
La tonalité de 2019 est plus sombre, rappelle
celle de Journey to the Martian Polar Cap sur le Red Planet
4 : le même désir d'espace et de solitude stellaire, avec
une pointe de Shot In The Dark derrière. Enfin, Love
Planet se trouve à mon goût légèrement
sous ses partenaires du fait d'un son un peu cheap introduit
en cours de morceau, ce qui est bien dommage sur une structure de jazz
fortement inspirée des Red Planet.
Bref, ce maxi pourrait être recommandé
à quiconque apprécie cette veine inaltérable qui
nous vient de Detroit, mais sa faiblesse potentielle réside malheureusement
dans les nombreux caractères gras ou italiques qui ornent cette
page, à savoir les références. Car toute la sincérité
de Taho ne parvient pas à égaler la qualité des
productions originales, et l'on pourrait donc estimer se trouver face
à une pâle copie sans saveur. A vous de juger. En ce qui
me concerne, je trouve l'hommage plus qu'honorable et il serait dommage
de le manquer sous prétexte d'avoir la chance de connaître
aussi les merveilles de la résistance souterraine organisée
par Mad Mike.
J-Me
/ Janvier 03