Il aura fallu attendre la dix-septième sortie
du label pour tomber sur un maxi assez décevant, mais il est
bien là et encaisse de surcroît très mal les années,
qu'on se le dise.
Quelques mois séparent donc ce Raz/Pillow
Lava de son grand frère The Milky Way, mais cela suffit
pour que la méthode qui avait dopé les ventes de ce dernier
ne fonctionne plus. Car avouons-le, Raz suit de très près
la structure de The Milky Way, avec son gimmick sur quelques
notes, ses grosses nappes et ses roulements de caisse claire répétés.
Pourquoi ça ne marche plus ? Peut-être parce que Raz
sonne comme une recette commerciale alors que The Milky Way sonnait
comme une tuerie inattendue, peut-être parce qu'il est malheureusement
sorti trop tard, lorsque la trance allemande déclinait au profit
d'une hard house menée depuis Chicago par Cajmere... Quoi qu'il
en soit Raz est définitivement l'un des plus mauvais morceaux
sortis sur F Communications, et Pillow Lava, même
s'il s'en est un peu mieux sorti à l'époque, n'atteint
pas des sommets, que ce soit en qualité ou en efficacité.
Le remix de Raz par Carl Cox, totalement barré
dans les sonorités très amples du label Ultimatum,
relève un peu le niveau, mais il ne faut pas s'attendre à
beaucoup de finesse. D'ailleurs, Carl Cox est probablement l'un des
seuls à avoir pu utiliser ce titre correctement, car son grain
si particulier est difficile à intégrer dans un set.
Enfin, comme j'ai pu le mentionner sur ce site, il n'existe
à mon sens aucune sortie sur le label qui ne présente
pas d'intérêt, et celle-ci n'y fait pas exception. Car
Lenny Dee, pape du hardcore US, sauve la mise avec sa relecture toxique
de Pillow Lava en lui injectant juste ce qu'il faut de strychnine,
comme son titre l'indique. Le résultat est à la hauteur
des espérances, puisque ce métissage de naïveté
trance et de sonorités brutales est une curiosité jouissive,
seule et unique tentative hardcore sur F Communications.
Quant à Aurora Borealis, le projet s'arrête
ici, Shazz préférant arrondir ses fins de mois ailleurs,
sous un autre pseudonyme, avec quelques titres rêveurs des plus
douteux. Certains puristes pourront juger ça honteux. Pour ma
part, je pense que l'un des compositeurs de l'éternel Acid
Eiffel peut se permettre ce genre d'écart financier si l'on
considère le caractère underground de ses productions
house orientées sur NYC. Une objection ?
J-Me
/ Janvier 03