Parlons sans attendre une seule ligne du très
gros morceau qui figure sur ce disque, à savoir le Speakers
Mix, celui que tout le monde connaît et qui fait hurler de
plaisir l'audience d'une Dog's Bollock. Tout commence avec un
simple motif de CR78, qui s'enrobe lentement de rythme et d'une
ligne de basse étouffée. Minimalisme de rigueur. Puis
un second son étouffé s'avance, embrasse la ligne de basse
et respire avec elle, de plus en plus fort. Une respiration qui rugit
dans les hautes fréquences et qui dévaste l'esprit. L'essence
même du groove et de ce que l'on a appelé la hard house.
Car Astral Dreams en est probablement l'un des fondateurs. Tuerie
barrée pour dancefloor, issue d'une époque où le
minimalisme de Robert Hood et le groove énervé de Neil
Landstrumm émergeaient.
Le Headphones Mix a bien évidemment été
effacé derrière son grand frère exterminateur de
danseurs, mais il n'en demeure pas moins bon. Beaucoup plus marqué
du son de Garnier de l'époque précédente, avec
des accents de The Force, sorti quelques mois plus tard. Parfait
métissage entre la progression en boucle obsédante de
ses anciens maxis et la composition métallique agitée
de ses futurs morceaux. Rien à redire, si ce n'est de le redécouvrir.
Pour donner quelques précisions logistiques à
ceux qui voudraient trouver ces maxis, Astral Dreams est sorti
sous deux éditions différentes. La première est
gravée sur une seule face et comporte le Speakers Mix
et le Headphones Mix, l'autre face étant magnifiquement
décorée d'une spirale similaire à celle de la pochette
visible sur cette page. La seconde édition porte la référence
F012+1 (superstition, quand tu nous tiens...) et contient des remixes
dont vous pourrez trouver les critiques ici.
Quant à l'édition CD, elle est également disponible
sous deux versions : la première est dénommée Restless
et comporte le Speakers Mix et les deux remixes du F012+1. Quant
à la seconde, Daydreams, elle est particulièrement
intéressante du fait des deux titres que l'on ne trouve nulle
part ailleurs.
Tout d'abord, le LFO's Deep Sleep Mix, à
ne pas confondre avec le remix de LFO disponible sur le F012+1. Ici,
l'on entre dans une autre dimension. Neuf minutes de bonheur où
des boucles se mêlent dans une impression de desynchronisation
qui perd son auditeur. A découvrir au plus vite si vous arrivez
à mettre la main dessus. Et enfin, La Détente, La Leçon
ou comment mettre en musique un disque de relaxation. Treize minutes
où une voix masculine vous donne des instructions sur un fond
électronique très doux tandis que vous vous laissez porter
par les battements du boomer. Curiosité de fin de soirée
qui amusera votre entourage et vous avec lorsque vous les verrez s'allonger
et suivre la leçon ; ricanements garantis vers 5'30'', lorsqu'ils
devront laisser choir les intestins sur la colonne vertébrale...
Nul doute qu'Astral Dreams est une pierre angulaire
dans la carrière de Laurent Garnier, car il marque un tournant
dans le son de ses productions, confirmé peu après avec
son premier album : Shot In The Dark.
J-Me
/ Décembre 02