Cet Element EP de Feedback est
une parfaite illustration de la techno mélodique produite en
Angleterre par certains artistes, comme Dave Angel ou ici Simon Hartley
(qui officie également sur le label américain 430 West
sous le nom de Wildstyle), et qui nous paraît à nous,
continentaux, totalement intemporelle. Ni un tube qui vieillit mal,
ni un morceau qui demande à vieillir... De la bonne musique,
tout simplement.
Feedback avait déjà sorti un maxi du même
genre sur feu Fnac Music Dance Division, I'm for real,
qui naviguait dans les mêmes auditives douceurs. Une rythmique
assez sommaire, des sons purement synthétiques dans l'esprit
UK du début des années 90 (cf. 808 State), et ces
mélodies, toutes simples, menées par des bleeps,
qui vous délivrent des sourires, comme vous pourrez vous en rendre
compte en écoutant Golden.
Et il y a aussi Rainfall : petite exception aux
règles suscitées. Progression très linéaire,
plutôt facile à suivre, avec des petits bleeps, quatre
accords et quelques notes d'un son de basse apparemment très
simple ; de la minimal melodic techno pourrait-on dire. Mais
avec ces petits bouts de rien, Simon Hartley arrive à nous emmener
ailleurs. On est littéralement suspendu à ces séquences
qui se répètent et l'on aimerait passer une heure entière
porté par ce morceau tant il est aérien sans tomber dans
la facilité. Excellente production, qui tranche avec Forever,
nettement plus british et qui en rebutera plus d'un, c'est clair.
En résumé, si vous avez traîné
dans les soirées anglaises des années 90, vous pouvez
vous jeter dessus les yeux fermés. Dans le cas contraire, vous
devriez quand même y plonger une oreille, ne serait-ce que pour
votre culture, car il s'agit d'un genre peu joué en France, et
c'est bien dommage, car il vieillit bien mieux que d'autres.
Il est à noter que la pochette de ce disque,
mauve sur fond noir, se distingue des pochettes des sorties précédentes,
bleu sur fond blanc, car il s'agit d'une production étrangère.
La raison de cette segmentation reste inconnue en ce qui me concerne.
J-Me
/ Décembre 02