Premier maxi d'un duo désormais scindé,
ce Metaphysic ? EP reste encore l'une des sorties que j'affectionne
le plus au sein du catalogue F Communications, même si
je dois bien avouer qu'il vieillit plutôt mal : ses légères
tonalités trance sonnent aujourd'hui datées et les effets
tremolo sont limites si on ne les replace pas dans leur contexte,
mais n'en est-il pas de même pour n'importe quel classique cinématographique
auquel un culte est voué ? En ce qui me concerne, les frissons
provoqués par Zephyrel I ou Falicpa en 1994 sont
restés vifs, et c'est la raison pour laquelle j'aimerais vous
en faire part au travers des lignes qui vont suivre.
Je connais probablement par coeur la progression de
Zephyrel I, tout du moins jusqu'à son break aérien
et sa reprise habilement accélérée. Comment décrire
ce morceau ? Durant les deux premières minutes, tout n'est que
superposition éthérée de nappes, de montées
et descentes synthétiques filtrées, posées sur
une rythmique medium particulièrement claire, appuyée
de quelques boucles vocales qui contribuent à cette sensation
de légèreté. Puis, alors que l'attention de l'auditeur
se focalise une dizaine de secondes sur un son aux apparences secondaires,
la montée se déclenche, d'un simple charley et
d'une nappe "hachée" par un tremolo ; envol
mental assuré jusqu'au break qui cache une très discrète
accélération en BPM. Voilà pourquoi la reprise
surprend et relance le morceau qui pourrait sembler creux après
sa montée.
Aleph est beaucoup plus calme et a beaucoup vieilli
selon moi. Passons sur cette plage ambiant que mes goûts revaloriseront
sans doute d'ici quelques années. Agapé, morceau
disponible uniquement sur le CD, était déjà décevant
lors de sa sortie. Trop linéaire, il peut toutefois présenter
un intérêt pour les adeptes de la trance made in Goa.
Falicpa, en revanche, est une
belle tuerie aux lointaines influences Goa qui ne s'encombre pas d'une
interminable introduction. Ici encore, l'usage du slicer pour
hacher un son continu est de rigueur, et porte le morceau jusqu'à
ce qu'une voix lyrique se pose sur une montée de nappes, et là,
c'est redécollage mental. Le piano assure le relais jusqu'à
un break aérien, une fois de plus, qui ne fera qu'appeler une
reprise sans grande originalité, mais qui fonctionne sans tomber
dans les affres du roulement de caisse claire. Au passage, le morceau
gagne à être légèrement accéléré
(+2).
Enfin, Zephyrel II revisite calmement les sons
aérés du premier. Moins accrocheur mais au vieillissement
moindre, il s'écoute avec plaisir aujourd'hui comme une douce
volute digitale. Je conçois que l'on puisse avoir du mal à
apprécier ce maxi en 2002, mais si j'ai pu rendre hommage à
ses auteurs par cette critique et éveiller au moins la curiosité
de quelques-uns, alors je suis satisfait.
J-Me
/ Décembre 02