Pourquoi St Germain-en-Laye ? Tout simplement parce
qu'à l'époque de la sortie du Mezzotinto EP, Ludovic
Navarre n'avait pas encore le droit de reprendre le pseudonyme de St
Germain qu'il utilisait sur Fnac Music Dance Division. Peu importe,
car sa musique parle d'elle-même, et il aurait pu tout aussi bien
signer ce maxi du nom de Versailles, Lilles ou Perpignan, nous aurions
reconnu ce son dans la droite lignée du fameux Alabama Blues.
Ces cinq titres sont en effet marqués de la signature
extrêmement jazz amorcée par Ludovic Navarre en 1993 avec
son projet St Germain, en parallèle de ses autres activités
: Deepside, Modus Vivendi, Soofle... Ici, le son est très ouvert
sur d'autres styles, et cet éclectisme qui semble commun aujourd'hui
ne l'était pas à l'époque. Bien que la fusion des
genres demeure fortement basée sur l'usage de samples de jazz
et de rythmiques caractéristiques des courants embrassés,
elle représente très clairement les balbutiements de Boulevard,
puis du passage de St Germain chez le mythique label Blue Note
en 2000.
Cinq morceaux donc. Les plus connus sont certainement
Walk so Lonely et Dub Experience : le premier étant
une tuerie house où tous les sons se mêlent les uns les
autres avec une touche de groove imparable, le second une incursion
dans les réverbérations du dub très roots, jouée
à outrance lors de sa sortie pour poser un break dans un set.
Dans les deux cas, à écouter sur un très gros son,
généreux en basses fréquences, pour pouvoir décoller
et en profiter au maximum.
Les autres titres, bien que moins joués, ne doivent
pas être écartés. Organ Talk avec sa rythmique
hip-hop et sa structure hachée est parfait pour placer quelques
scratchs dans un set electro. My Mama Said... entraîne
mentalement son auditeur dans un club de jazz des années 30,
version nineties upliftée à la 909. Quant à The
Black Man, il appuie la démonstration de Walk so Lonely,
à savoir qu'on peut très bien insuffler du mouvement dans
une banque de samples. En cela, il est peut-être le morceau le
plus intéressant du maxi sur un plan éducatif, car il
permet d'évaluer le travail qui existe entre le brouillon d'un
tube et son résultat fini. Cette opinion reste personnelle, mais
que les producteurs wannabe se penchent sur la question...
J-Me
/ Décembre 02