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Sancho : Et la série Six
Feet Under ?
Alexkid : J'adore.
J'ai commencé la première
saison en DVD le mois dernier...
Je ne l'ai pas beaucoup suivie mais
pour une série américaine, je trouve qu'elle dynamite
pas mal d'images arrêtées sur la société
américaine.
Je n'en suis qu'à la moitié
de la première saison...
Mon morceau I Think est dans
un épisode de la deuxième saison.
Et je trouve effectivement que c'est
une série de qualité, mais je t'avoue que je ne suis pas
encore transcendé.
Disons que le ton est très fin.
Ils sont tous dépressifs mais ça reste amusant dans l'absolu
car ils sont très humains finalement. Leurs fantasmes, les scènes
où tout part en vrille comme celles où la mère
s'imagine des trucs totalement trash alors qu'elle est super
coincée... Je crois que nous sommes tous un peu comme ça,
nous avons tous nos problèmes, nos fantasmes...
Sauf qu'ils sont exposés dans
la série.
Exactement, et si l'on mettait en images
toutes nos pensées, je pense que ce serait tout aussi trash
: par exemple, un jour, tu t'énerves avec quelqu'un et tu vois
le moment où tu vas lui prendre la tête et lui écraser
contre le mur. Évidemment, tu ne le fais pas, mais la seule vision
que tu en as, si tu la mets en images...
Sur la même chaîne, est-ce
que tu as suivi Oz ?
Non. En fait, je regardais Six Feet
Under de temps en temps, quand je tombais sur un épisode
par hasard, mais je ne regarde pas tant que ça la télévision.
C'est très ponctuel.
C'est un peu gênant pour les
séries...
C'est un peu compliqué pour suivre
une série et c'est sans doute la raison pour laquelle je n'en
vois plus beaucoup. J'en suivais davantage avant, quand j'avais encore
le temps ; j'avais même relié mon DAT en permanence à
la télévision de façon à pouvoir enregistrer
la musique d'une série si elle me plaisait. C'est de cette façon
que j'ai pillé pas mal de séries télévisées.
Il y avait un souffle énorme sur mes enregistrements mais je
le détournais, c'était amusant. Je ne le fais plus aujourd'hui,
pourtant je devrais. Il faudrait que je m'achète un MiniDisc.
Prends un MiniDisc au lieu d'un lecteur
MP3 parce que la plupart d'entre eux n'ont pas d'entrée analogique.
Oui, je sais.
Ou alors tu t'achètes un iPod
pour rester dans l'univers Mac.
Pourquoi pas, mais il faudrait que le
Mac puisse enregistrer or j'ai un iMac...
Tu n'avais pas un portable Mac pour
ton live ?
Si, mais j'ai plusieurs machines : un
Power Macintosh 7600, un G4/800 (Quicksilver) destiné au studio,
un iMac G4/800 avec un écran 15 pouces chez moi, un iBook G3/500
pour le live et j'ai acheté dernièrement un petit PowerBook
G4/867 sur lequel je compose et je fais tourner Final Scratch.
C'est vrai que tu t'es mis à
Final Scratch... C'est comment ?
C'est pas encore ça.
Pourquoi ?
C'est pas stable.
Tu mixais en vinyle depuis longtemps
?
J'ai toujours mixé en vinyle.
Et donc, Final Scratch...
Disons que ça marche bien...
quand ça marche bien. C'est-à-dire qu'il décroche
de temps en temps, et quand il commence à varier le pitch de
ton disque tout seul, forcément, ça énerve...
Pourtant, tu le fais tourner sur
un Mac : ça devrait être sharp, carré...
Le problème ne vient pas du Mac
mais des drivers USB : de temps en temps, l'interface te décroche
un des deux canaux et tu ne peux rien faire. Du coup, tu es obligé
de passer sur une seule platine, c'est-à-dire que les deux morceaux
vont être détectés par la même platine : tu
choisis le prochain morceau, tu laisses l'autre tourner en roue libre
donc tu ne peux plus toucher à son pitch, tu cales le morceau
suivant, tu le lances, et ainsi de suite... C'est très pratique
quand le logiciel t'a planté, sauf qu'il ne devrait jamais planter.
Ce soir, je vais dîner avec Josh Wink et je sais qu'il connaît
bien les mecs de Stanton, donc je vais lui en toucher deux mots et voir
s'il ne peut pas me monter un plan avec eux.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que j'ai acheté
Final Scratch, j'en suis content mais mine de rien, je leur fais pas
mal de promotion lors de mes dates, donc je voudrais bien qu'ils me
réparent ça.
Et pour le toucher du vinyle ?
C'est pareil.
Vraiment ?
Pas exactement, c'est-à-dire
que si tu reviens un peu trop vite en arrière, le logiciel décroche,
mais pour scratcher, lancer le disque, corriger la vitesse, c'est exactement
pareil ; tu peux stopper le disque, le relâcher, ça marche.
C'est étonnant. Je l'avais essayé avec Josh Wink et j'avais
halluciné. Depuis, je voyage avec 400 morceaux dans mon disque
dur.
Du coup, tu ne joues plus en vinyle
aujourd'hui ?
En fait, j'achète toutes les
nouveautés en vinyle donc je prends toujours un sac avec moi,
mais au lieu d'en emmener une centaine, je n'en transporte plus qu'une
quarantaine. Je peux mixer les nouveaux morceaux en vinyle, passer un
vieux morceau via l'ordinateur, ne jouer qu'avec l'ordinateur ou rester
sur du vinyle pendant tout le set... C'est d'une totale liberté.
Est-ce que tu mixes encore pour ton
plaisir personnel ?
Oui, quand j'ai l'occasion, mais depuis
mon déménagement, je n'ai pas rebranché mes platines
tout simplement parce que je n'ai pas d'amplificateur. De toute façon,
quand je mixe en soirée, je me fais toujours plaisir, donc...
Peut-être, mais c'est pas pareil
quand tu te trouves dans un contexte professionnel...
Non, mais je prends souvent plus de
plaisir quand je joue dans un lieu où le contexte n'est pas trop
professionnel : par exemple, jouer très deep dans un bar, au
bord d'une piscine...
Tout dépend aussi de l'organisateur
: il faut que ta programmation concorde avec ses objectifs sonores ?
Oui, tout dépend de l'endroit
où tu joues.
Tu ne dois pas accepter n'importe
quoi.
Non. Je ne vais pas jouer à 118BPM,
à trois heures du matin, dans un club en Allemagne ou en Bretagne.
Récemment, j'étais à Tel Aviv devant des énervés...
Tu y retourneras ?
Oui, probablement, même si ça
n'était pas une très bonne soirée ; ils aimaient
bien que ça tape fort.
Pas nécessairement vite, mais
fort ?
Je pense qu'ils auraient été
ravis que j'accélère mais j'étais déjà
dans les 130BPM, ce qui est costaud pour moi.
Non...
Tout dépend du style que tu joues.
Si tu joues house à 130BPM, c'est quand même rapide, tandis
que si tu joues techno à 130BPM, c'est correct.
Tu ne joues pas techno ?
C'est rare. À Tel Aviv, j'ai
fini par jouer techno.
Tu n'aimes pas ça ?
Si, j'aime bien, mais je n'en achète
pas énormément et ce n'est pas ce que j'aime le plus.
Je pense qu'il y a des gens qui jouent techno beaucoup mieux que moi
donc autant les laisser faire ; je suis bien plus à l'aise pour
jouer house que pour jouer techno.
Tu peux aussi explorer différents
styles dans ton set.
Oui, mais tout est question de goût
: je vais savoir combiner certains morceaux mieux que d'autres. De temps
en temps, je vais jouer techno, mais je vais plus facilement partir
dans des morceaux house old school qui tapent ou bien vers du
John Tejada que je ne considère pas comme techno.
C'est quand même assez techno,
John Tejada...
C'est pas techno. C'est comme Fabrice
Lig : il joue house, pas techno.
Des considérations de puristes...
On peut éventuellement parler
de tech-house même si je déteste ce mot, mais pour moi,
la techno, c'est The Advent. C'est une musique évolutive dans
laquelle il n'y a pas vraiment une structure de chanson.
OK, je comprends ta conception. Et
tu ne parlerais pas de deep techno ?
Non. Pour moi, la deep techno, c'est
presque plus proche de la house que de la techno. En fait, c'est...
C'est justement pour cette raison
qu'elle se range dans la tech-house, d'ailleurs.
Certainement... C'est comme toutes les
productions de Detroit, je ne peux pas dire que c'est de la techno.
Sauf pour Jeff Mills.
OK, je vois la différence.
Pour moi, des morceaux comme Aguila
ou Hi-Tech Jazz, ça n'est pas techno.
Ce ne sont finalement que des définitions
subjectives...
Bien sûr. D'ailleurs, je n'aime
pas ces étiquettes.
Dans quels styles sont rangées
tes productions ?
En ce moment, c'est un des gros soucis
que nous avons : les distributeurs ne savent pas trop où ranger
Mint.
Ils doivent probablement le ranger
dans le bac house.
Oui, mais est-il house au sens propre
du terme ? D'après moi, on ne peut le mettre ni dans un bac pop,
ni dans un bac house.
C'est pourtant dans le bac house
qu'il va se vendre.
Bien sûr, mais en même temps,
dans certains pays, c'est parce qu'il est rangé dans le bac house
qu'il ne se vend pas.
Il ne se vend pas ?
En Angleterre, par exemple, il ne se
vend pas.
Après neuf mois, tu en es
où exactement?
C'est correct, mais il aurait pu faire
mieux. J'en ai vendu 15.000 exemplaires environ.
Sur le monde entier ?
Oui. Tu vois.
Le marché du disque n'est
pas au beau fixe...
Je sais, mais tu as vu toute la promotion
qui est faite autour de moi ? J'ai des papiers un peu partout, le clip
de Come with me augmente doucement le bouche-à-oreille,
ça commence à reprendre... En fait, les ventes sont stables,
mais...
Elles ne décollent pas ?
Non, il manque l'étincelle. Je
ne vais pas me plaindre quand je vois que les albums d'autres artistes
ne se vendent pas alors qu'ils sont très bons.
Non, mais je te comprends. D'une
part, le label a mis en place une véritable stratégie
de lancement autour de Mint, avec un réel effort de promotion,
et d'autre part, les médias l'ont très bien accueilli,
donc Mint transporte l'image d'un disque qui marche bien.
Exactement. J'ai une excellente image,
je ne vais pas m'en plaindre, tout le monde pense que j'ai vendu 150.000
exemplaires alors que pas du tout.
Par contre, tout le monde télécharge
Mint. (Rires)
J'espère pas. (Rires)
Je pense que beaucoup doivent télécharger Come with
me mais ils ne téléchargent pas tout l'album. Malheureusement,
le téléchargement est d'actualité et nous devons
composer avec. C'est aussi une des raisons pour lesquelles chez FCom,
nous tentons d'avoir de belles pochettes, de construire un concept,
de travailler le live...
Ton live avance bien ?
Pour le moment, j'en suis plutôt
content.
Tu as fais combien de dates jusqu'à
maintenant ?
Un peu moins d'une quarantaine.
Et tu n'avais jamais fait de live
auparavant ?
Non, pas en tant qu'Alexkid. J'avais
essayé une fois, mais ce n'était pas grandiose. Aujourd'hui,
je suis content de la formation ; tout se passe dans la bonne humeur.
Nous allons apporter quelques changements pour la tournée française
car le live n'a pas beaucoup évolué depuis le début.
Vous allez changer le tracklisting
ou la formation ?
Le tracklisting et la structure de certains
morceaux.
À ce propos, je n'ai pas assisté
à ton live lors de la soirée Panik à l'Élysée-Montmartre
mais quelqu'un m'avait posé la question de savoir qu'elle était
le dernier morceau que tu avais joué. Un morceau plutôt
drum'n bass ?
D'accord. C'est une nouvelle version
de Not Every Angel, un morceau de mon premier album. Je pense
que nous allons l'enregistrer car un tas de gens m'ont posé la
question.
Je me souviens du concert que tu
avais fait au Nouveau Casino ; j'avais beaucoup aimé. J'étais
un peu plus sceptique sur Jay Alanski mais finalement, ça s'est
plutôt bien passé dans l'ensemble, même si la majorité
du public venait pour toi.
D'ailleurs, Jay l'a très mal
pris. Je lui en veux un peu... Je pense que son live était relativement
fermé, qu'il ne communiquait pas suffisamment avec le public.
Il a tout fait pour que sa première demi-heure soit vraiment
obscure et ça ne s'est arrangé qu'à partir du moment
où il a joué Un Maximum de Lumière ; c'est
seulement sur ce morceau que l'on a pu commencer à respirer.
Par ailleurs, j'ai trouvé qu'il n'était pas particulièrement
cool avec ses musiciens, et il a même fini par faire grave la
gueule après le concert.
Oui, mais c'est sans doute le personnage
qui veut ça... De plus, vous ne visez pas la même
cible...
Non, bien sûr, mais dans le même
créneau, je pense qu'il peut faire mieux, c'est tout. Tout est
histoire de communication avec le public : soit tu lui donnes quelque
chose, soit tu as l'impression qu'il s'ennuie.
Tu joues une musique qui est également
plus facile d'accès.
Oui, elle est plus club.
Elle fonctionne plus facilement,
et n'oublions pas Lissette...
Oui, mais j'ai choisi Lissette.
D'accord, mais son jeu de scène
est excellent, or c'est un atout indéniable dont Jay ne disposait
pas.
Bien sûr, mais son jeu de scène
est prévu pour fonctionner comme ça, de même que
tous les musiciens. Quand tu veux monter un live, tu l'imagines, tu
le conçois à partir de ta vision et tu recrutes les bonnes
personnes. Ou bien tu décides de travailler avec plusieurs talents
et tu conçois ton live en ayant déjà une idée
bien précise ; c'est d'ailleurs plutôt ce que j'ai fait.
J'ai travaillé pendant deux mois sur sa création, puis
nous avons répété pendant une semaine dans une
résidence, à se demander si ça allait fonctionner...
Nous n'étions vraiment pas sûrs, mais finalement ça
marche, même s'il reste encore plein d'éléments
à revoir, encore maintenant. Tu dois apprendre de chaque date.
Je pense qu'un concert doit vraiment se baser sur l'échange avec
le public ; les spectateurs viennent pour que tu leur donnes quelque
chose, qu'il s'agisse de n'importe quel groupe. Quand je vais assister
à un concert, je n'ai pas envie de voir le groupe jouer ses morceaux
puis rentrer en coulisses. Je me souviens d'un concert qui m'avait énormément
marqué : Placebo au Zenith de Paris. Quand Brian Molko, le chanteur,
s'adressait au public, il parlait à 5.000 personnes mais tu avais
l'impression qu'il te parlait directement. C'est quand même fort.
Et pendant deux heures de concert, non stop, les mecs t'en mettaient
plein les dents ; tu ne t'ennuyais pas une seule seconde. Pour moi,
c'est important. Il faut structurer les morceaux d'un live de façon
à ce qu'il n'y ait pas de temps mort, ni de longueur ; ça
se travaille. Et si ton live comporte des passages un peu lourds, tu
te débrouilles, ou alors, si tu les rends vraiment glauques,
volontairement, tu ne viens pas te plaindre après ; soit tu assumes,
soit tu n'assumes pas.
Peut-être...
Idem, quand tu rencontres un problème
sur scène, c'est jamais très cool, mais quand ça
t'arrive, tu ne t'énerves pas. Avec l'expérience qu'il
a, je pense qu'il devrait le savoir. Quand ça nous est arrivé
sur certaines dates, je ne me suis jamais énervé. Au contraire,
on a commencé à déconner, Seep s'est mis à
scratcher, faire un beat avec ses petites boîtes à rythmes,
Philippe s'est mis à jouer des percussions, Lissette s'est mise
à chanter une connerie...
Pendant que tu cherches à
réparer... (Rires)
Voilà. Ça nous est déjà
arrivé trois ou quatre fois, souvent des problèmes techniques...
Quand ça nous est arrivé en Pologne, on a commencé
à jouer Hot in Herre en totale improvisation. C'était
excellent. Mais tu dois pouvoir réagir comme ça, sinon
tu casses l'ambiance. Je me souviens avoir été choqué
pendant un concert où Tricky s'était énervé
contre quelqu'un sur scène... Ça te casse la vibe
d'un concert...
Il faut aussi te replacer dans le
contexte : ta musique évolue dans un esprit positif. Tu n'as
pas un seul morceau qui soit glauque.
Non, c'est clair. C'est un autre état
d'esprit.
Est-ce que tu as construit ton live
à partir de tes propres attentes en tant que spectateur ?
Oui, dans une certaine mesure ; j'ai
pris quelques références afin d'analyser pourquoi je les
avais appréciées.
Quelles références
?
Roni Size & Reprazent, même
si Roni Size est un personnage odieux. Leur live est sans doute l'un
des meilleurs que j'ai vus de ma vie. Ils sont huit sur scène
et tu te prends une sacrée claque : pendant deux heures, tu danses
et ça déchire. Leur MC ne te lâche pas, ça
tourne derrière, c'est carré... Dans un live, les problèmes
viennent souvent de la structure ; nous avons d'ailleurs beaucoup de
corrections à effectuer parce que nos enchaînements ne
sont pas encore suffisamment fluides.
C'est bizarre, je n'ai pas ce souvenir
du concert que j'avais vu au Nouveau Casino.
Pourtant, on stoppe tous les morceaux
car je suis obligé de charger les morceaux un par un sur le Mac.
Donc tout le monde applaudit...
En fait, dès que j'arrête
le morceau, je vais immédiatement charger le suivant pendant
que Lissette meuble au micro, le seul problème étant que
ça ne fonctionne pas tout le temps. Donc je vais bientôt
enchaîner certains morceaux sur la même séquence
afin de pouvoir transiter d'un morceau à l'autre tranquillement.
Taho m'avait parlé d'un logiciel
révolutionnaire pour le live : Live de la firme Ableton.
C'est ce que j'utilise et c'est parfait
pour le live ; ça porte bien son nom. Même pour la production,
tu peux obtenir des trucs très intéressants... C'est étonnant.
Je l'ai déjà vu tourner
et l'interface est très ronde.
Je la trouve assez jolie. C'est une
vision fraîche du séquenceur qui nous sort de tous les
clichés de Cubase.
C'est vrai qu'elle est très
légère.
Oui, c'est un logiciel très simple
et très efficace. Vraiment. En plus, il n'est pas cher. Et tu
l'utilises en live. Tu peux vraiment bien l'utiliser, c'est très
bien calculé. C'est vrai que pour moi, c'est le bonheur... C'est
le bonheur.
Tu l'utilises depuis sa sortie ?
Je l'utilise depuis que j'ai commencé
le live. De toute façon, c'était soit Live, soit
la MPC 2000 comme avait fait Llorca, donc finalement, j'ai branché
les pads de la MPC 2000 sur Live pour obtenir le
même résultat.
L'été dernier, pendant
l'interview de Llorca, nous avions pas mal discuté de sa tournée
et il m'avait raconté comment ça s'était passé
avec ses musiciens : le fait qu'il devait composer avec les humeurs
de chacun. Est-ce que tu as déjà rencontré ce problème
?
Bien sûr, mais ça n'est
pas si difficile de gérer l'ego de chacun.
Tu t'apparentes quand même
au chef d'orchestre, non ?
Plus vraiment. Je préviens les
autres de la fin du morceau, mais c'est tout. Nous avons établi
les morceaux et tout le monde les connaît bien maintenant.
Tu n'as pas de table de mixage qui
te permette de jouer avec les différentes voies, à savoir
les différents instruments ?
J'en ai une, mais nous connaissons tous
les structures et nous savons donc très bien où chacun
va partir, le désavantage étant que les structures sont
toujours un peu les mêmes...
Donc, tu n'as pas de marge d'improvisation.
Non, mais nous allons essayer de nous
déstabiliser davantage à l'avenir. Il fallait attendre
que l'on soit vraiment à l'aise avec les morceaux pour se permettre
de se lâcher un peu plus. Tout devrait partir un peu plus en vrille
dans les prochaines semaines. Par contre, l'avantage d'être aussi
bien réglés, c'est qu'en cas de problème, les autres
peuvent rattraper très facilement. Récemment, en Espagne,
je me suis planté mais les autres ont parfaitement rattrapé
le truc, à la volée ; c'était drôle. Et contrairement
à ce qu'avait fait Llorca, tous ceux qui sont avec moi sur scène
ont plus d'expérience que moi ; ça change tout. Ils savent
que sur scène, le spectacle passe en premier.
Ils sont professionnels.
Parfois, quand Lissette est crevée,
qu'elle tire la gueule toute la journée, dès qu'elle monte
sur scène, elle est souriante ; elle déchire. Du coup,
après le concert, tout va mieux, tout le monde est content parce
que le concert s'est bien passé. Mais le lendemain matin, quand
tu as trois heures de sommeil dans la gueule et que tu dois te taper
sept cents bornes en van, forcément l'ambiance est un peu moins
funky... Mais ça se comprend, c'est humain.
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