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Interview 002

{Llorca}{04/08/2003}{Paris}

Sancho – Concert – Tournée Musiciens Trackers Discographie Influences

Sancho : Bon, c'est ton tour maintenant.

Llorca : D'accord.

Tu ne m'as pas encore donné tes impressions sur le concert de mercredi ?

C'est clairement pas le meilleur concert qu'on ait fait. (Rires)

Je suis d'accord.

Mais c'était drôle. D'ailleurs, je suis content qu'on ait pas versé dans le larmoyant à la fin, même si d'après moi, nous n'allons plus nous revoir pendant un petit moment ; je me connais, je ne suis pas du genre à appeler. Je garde les contacts, mais je peux très bien ne pas voir ou ne pas appeler une personne pendant un an, et le jour où je retombe dessus, lui tomber dans les bras. Le temps ne compte pas. Certaines personnes attachent énormément d'importance au fait de conserver les liens, mais je pense que je ne reverrai pas mes musiciens avant un petit moment, et pourtant, nous nous sommes sérieusement liés d'amitié pendant la tournée, nous avons vécu des moments très forts ensemble. Au final, je suis content d'avoir terminé la tournée loin de la déprime...

Que tout le monde ne se soit pas jeté dans les bras...

Voilà. Ça s'est quand même terminé sur une note assez joyeuse. Mais pour ce qui est du concert lui-même, c'était vraiment pas le meilleur concert que nous ayons fait, d'autant plus que certains musiciens avaient décidé qu'ils allaient faire n'importe quoi. Je suppose que tu as remarqué la première intervention des deux saxophonistes. C'était n'importe quoi... (Rires) C'était n'importe quoi et je me souviens qu'Eric Morand faisait des bonds de deux mètres, mais c'était drôle. Ils m'avaient prévenu qu'ils allaient se lâcher.

Qui a eu l'idée des déguisements ?

L'idée vient de moi, mais c'est parce que j'aime bien faire le con et que j'aime bien les idées un peu farfelues. Je suis un peu jusqu'au-boutiste sur certaines choses, et à la limite, si ça n'avait tenu qu'à moi, je vais te dire franchement, si tout le monde avait suivi, dans la mesure du possible, j'aurais demandé qu'on fasse le concert complètement nus.

(Rires) Bien sûr, avec les promoteurs et les partenaires dans la salle...

Honnêtement, en ce qui me concerne, je pense que je l'aurais fait, mais nous n'aurions pas été beaucoup sur scène à jouer le jeu. Donc, j'ai plutôt lancé l'idée que l'on soit tous déguisés, et au départ, je voulais me déguiser en poulet géant. Mais j'ai pas trouvé de costume.

Un costume de poussin énorme, tout jaune ?

Oui, voilà... Enfin, pas exactement, je pensais à quelque chose de plus... Un gros poulet, quoi, tu vois... (Rires) Mais j'en ai pas trouvé. Ceux que j'ai pu voir n'étaient pas géniaux.

Tout le monde a choisi son costume indépendamment des autres ?

Oui, nous y sommes tous allés mardi et nous avons passé une heure et demie dans le magasin de location de costumes, à essayer les costumes, les masques pour voir s'y l'on voyait quand même quelque chose, etc... Rien que ça, c'était assez drôle.

Et comment le costume du grand singe s'est démarqué ?

En fait, je regardais ce costume de singe sur le catalogue et... (Rires) L'idée initiale, rappelons-le, c'était d'avoir l'air le plus con possible, or ce grand singe, j'ai trouvé qu'il était très amusant et surtout, ridicule à souhait. Mais je pense que César nous a tous battu avec son costume de téléphone ; il est tombé dessus par hasard, mais ne serait-ce que l'idée d'être déguisé en téléphone, c'était quand même excellent. Il a quand même fallu que je les pousse, parce qu'au départ, ils étaient partis dans des idées de déguisements assez communes.

Des costumes faciles à porter, qui ne soient pas en volume ?

Oui. Par exemple, il y en a qui voulait se déguiser en gladiateur, l'autre en Superman... Je leur ai fait comprendre que c'était pas ça le délire, qu'il fallait qu'on ait l'air vraiment con sur scène. (Rires) Finalement, ils ont tous suivi, à part Philippe, le percussioniste, qui a été obligé de changer de masque au dernier moment. Au départ, il avait loué un grand masque difforme en caoutchouc, avec un triple menton...

Et ça ne tenait pas ?

En fait, il étouffait à l'intérieur. Pendant la répétition, au bout de cinq minutes, il m'a dit qu'il fallait qu'il retourne au magasin pour prendre un autre masque. Par contre, je suis assez content que Bruno, le bassiste, se soit laissé convaincre de porter la tenue du bouffon. Initialement, il avait choisi un costume de bourreau, avec une cagoule noire qui me faisait davantage penser au Ku Klux Klan et une tunique rouge... J'aimais pas trop, et puis nous sommes tombés sur ce grand bonnet de bouffon avec ses petites clochettes à ses extrémités, que je trouvais très amusant.

Oui, et ça lui allait bien en plus.

Ça lui allait très bien. J'ai même failli acheter le chapeau tellement je le trouvais drôle.

Pour en revenir au concert, est-ce que ta mère était là ?

Non, elle n'était pas là. Elle était déjà venue au concert du Bataclan et je ne voulais pas réinviter tout le monde ; je voulais que ce soit un petit concert pour délirer entre amis. De toute façon, je me doutais que la performance ne serait pas exceptionnel. D'ailleurs, j'ai croisé un mec de Digidesign (les concepteurs de Pro Tools) deux semaines avant qui m'avait proposé une station Pro Tools pour enregistrer le live. On ne l'avait pas encore enregistré et sur le coup, j'ai pensé que c'était une très bonne idée. Après réflexion, j'ai décliné sa proposition parce que je savais que ce ne serait pas le meilleur concert.

Vous n'avez pas enregistré de live ?

Non. J'ai quelques enregistrements sur DAT, mais toutes les pistes sont couchées, donc on ne peut pas les séparer. Alors parfois, le saxophone est un peu à la traîne, les percussions sont trop fortes, le pied est couvert par les autres intruments... C'est du live à l'état brut.

Donc il n'y a pas de sortie prévue pour un live ?

Non, il n'y aura pas de sortie de live.

C'est dommage parce que tes morceaux prennent vraiment une autre dimension en live.

Je sais, c'est dommage. L'idée avait été évoquée pendant la tournée mais nous étions tellement pris dans les concerts qu'elle a été oubliée en route. C'est vrai que c'est dommage.

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