Sancho Concert
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Sancho : Bon, c'est ton tour maintenant.
Llorca : D'accord.
Tu ne m'as pas encore donné
tes impressions sur le concert de mercredi ?
C'est clairement pas le meilleur concert
qu'on ait fait. (Rires)
Je suis d'accord.
Mais c'était drôle. D'ailleurs,
je suis content qu'on ait pas versé dans le larmoyant à
la fin, même si d'après moi, nous n'allons plus nous revoir
pendant un petit moment ; je me connais, je ne suis pas du genre à
appeler. Je garde les contacts, mais je peux très bien ne pas
voir ou ne pas appeler une personne pendant un an, et le jour où
je retombe dessus, lui tomber dans les bras. Le temps ne compte pas.
Certaines personnes attachent énormément d'importance
au fait de conserver les liens, mais je pense que je ne reverrai pas
mes musiciens avant un petit moment, et pourtant, nous nous sommes sérieusement
liés d'amitié pendant la tournée, nous avons vécu
des moments très forts ensemble. Au final, je suis content d'avoir
terminé la tournée loin de la déprime...
Que tout le monde ne se soit pas
jeté dans les bras...
Voilà. Ça s'est quand
même terminé sur une note assez joyeuse. Mais pour ce qui
est du concert lui-même, c'était vraiment pas le meilleur
concert que nous ayons fait, d'autant plus que certains musiciens avaient
décidé qu'ils allaient faire n'importe quoi. Je suppose
que tu as remarqué la première intervention des deux saxophonistes.
C'était n'importe quoi... (Rires) C'était n'importe
quoi et je me souviens qu'Eric Morand faisait des bonds de deux mètres,
mais c'était drôle. Ils m'avaient prévenu qu'ils
allaient se lâcher.
Qui a eu l'idée des déguisements
?
L'idée vient de moi, mais c'est
parce que j'aime bien faire le con et que j'aime bien les idées
un peu farfelues. Je suis un peu jusqu'au-boutiste sur certaines choses,
et à la limite, si ça n'avait tenu qu'à moi, je
vais te dire franchement, si tout le monde avait suivi, dans la mesure
du possible, j'aurais demandé qu'on fasse le concert complètement
nus.
(Rires) Bien sûr, avec
les promoteurs et les partenaires dans la salle...
Honnêtement, en ce qui me concerne,
je pense que je l'aurais fait, mais nous n'aurions pas été
beaucoup sur scène à jouer le jeu. Donc, j'ai plutôt
lancé l'idée que l'on soit tous déguisés,
et au départ, je voulais me déguiser en poulet géant.
Mais j'ai pas trouvé de costume.
Un costume de poussin énorme,
tout jaune ?
Oui, voilà... Enfin, pas exactement,
je pensais à quelque chose de plus... Un gros poulet, quoi,
tu vois... (Rires) Mais j'en ai pas trouvé. Ceux que
j'ai pu voir n'étaient pas géniaux.
Tout le monde a choisi son costume
indépendamment des autres ?
Oui, nous y sommes tous allés
mardi et nous avons passé une heure et demie dans le magasin
de location de costumes, à essayer les costumes, les masques
pour voir s'y l'on voyait quand même quelque chose, etc...
Rien que ça, c'était assez drôle.
Et comment le costume du grand singe
s'est démarqué ?
En fait, je regardais ce costume de
singe sur le catalogue et... (Rires) L'idée initiale,
rappelons-le, c'était d'avoir l'air le plus con possible, or
ce grand singe, j'ai trouvé qu'il était très amusant
et surtout, ridicule à souhait. Mais je pense que César
nous a tous battu avec son costume de téléphone ; il est
tombé dessus par hasard, mais ne serait-ce que l'idée
d'être déguisé en téléphone, c'était
quand même excellent. Il a quand même fallu que je les pousse,
parce qu'au départ, ils étaient partis dans des idées
de déguisements assez communes.
Des costumes faciles à porter,
qui ne soient pas en volume ?
Oui. Par exemple, il y en a qui voulait
se déguiser en gladiateur, l'autre en Superman... Je leur
ai fait comprendre que c'était pas ça le délire,
qu'il fallait qu'on ait l'air vraiment con sur scène. (Rires)
Finalement, ils ont tous suivi, à part Philippe, le percussioniste,
qui a été obligé de changer de masque au dernier
moment. Au départ, il avait loué un grand masque difforme
en caoutchouc, avec un triple menton...
Et ça ne tenait pas ?
En fait, il étouffait à
l'intérieur. Pendant la répétition, au bout de
cinq minutes, il m'a dit qu'il fallait qu'il retourne au magasin pour
prendre un autre masque. Par contre, je suis assez content que Bruno,
le bassiste, se soit laissé convaincre de porter la tenue du
bouffon. Initialement, il avait choisi un costume de bourreau, avec
une cagoule noire qui me faisait davantage penser au Ku Klux Klan et
une tunique rouge... J'aimais pas trop, et puis nous sommes tombés
sur ce grand bonnet de bouffon avec ses petites clochettes à
ses extrémités, que je trouvais très amusant.
Oui, et ça lui allait bien
en plus.
Ça lui allait très bien.
J'ai même failli acheter le chapeau tellement je le trouvais drôle.
Pour en revenir au concert, est-ce
que ta mère était là ?
Non, elle n'était pas là.
Elle était déjà venue au concert du Bataclan et
je ne voulais pas réinviter tout le monde ; je voulais que ce
soit un petit concert pour délirer entre amis. De toute façon,
je me doutais que la performance ne serait pas exceptionnel. D'ailleurs,
j'ai croisé un mec de Digidesign (les concepteurs de
Pro Tools) deux semaines avant qui m'avait proposé une station
Pro Tools pour enregistrer le live. On ne l'avait pas
encore enregistré et sur le coup, j'ai pensé que c'était
une très bonne idée. Après réflexion, j'ai
décliné sa proposition parce que je savais que ce ne serait
pas le meilleur concert.
Vous n'avez pas enregistré
de live ?
Non. J'ai quelques enregistrements sur
DAT, mais toutes les pistes sont couchées, donc on ne peut pas
les séparer. Alors parfois, le saxophone est un peu à
la traîne, les percussions sont trop fortes, le pied est couvert
par les autres intruments... C'est du live à l'état brut.
Donc il n'y a pas de sortie prévue
pour un live ?
Non, il n'y aura pas de sortie de live.
C'est dommage parce que tes morceaux
prennent vraiment une autre dimension en live.
Je sais, c'est dommage. L'idée
avait été évoquée pendant la tournée
mais nous étions tellement pris dans les concerts qu'elle a été
oubliée en route. C'est vrai que c'est dommage.
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